Mythes des origines

INTRODUCTION

Les Mexicas, peuple de nomades venus du nord, ont des origines incertaines. Derniers arrivés dans la plaine fertile de la vallée de Mexico au XIII siècle au terme d’une longue migration, ils s’imposent d’emblée par la force auprès des populations locales sédentarisées. La stratégie d’hégémonie aztèque s’appuie sur des fondements mythologiques empreintés à l’écheveau des traditions des grandes civilisations mésoaméricaines olmèques et toltèques éteintes à l’époque classique, dont ils se revendiquent les seuls héritiers. De ce fait, la religion mexica est affaire d’une légitimation identitaire complexe, puisqu’elle entremêle à la tradition de l’épopée mystique de ses propres origines un panthéon archaïque composé de divinités et d’attributs autochtones préexistants à sa genèse.

Elle est aussi affaire politique, car cet héritage désigne également les Aztèques en tant que  »peuple élu  », leur assignant la tâche écrasante de garantir la bonne marche de l’univers par la systématisation des rituels et des offrandes nourricières aux divinités, par la pratique des guerres fleuries et des sacrifices.

  • L’extrait de la p.47 du livre Histoire de la littérature Nahuatl: sources, identités, représentations, écrit par Amos Segala, directeur de Recherche Emérite au CNRS et directeur international du Programme « Séminaires internationaux Archivos », publié aux éditions Bulzoni editore, 1989 , partiellement disponible sur Google books.                                                                                                                           Selon l’auteur Huitzilopochtli, dieu tribal aztèque, serait la fusion symbolique des Mexicas avec le peuple toltèque sédentarisé.


Colibri ou Huitzilin

  •  La Chronique de Sabine Mund, directrice du département Art belge, moderne et contemporain chez Pierre Bergé & Associates, ancienne rédactrice en chef de la revue Arts Antiques Auctions, diplômée en histoire de l’art à l’Université Libre de Bruxelles, 2000, vol. 78, n° 2, pp. 644-645, numérisée par Persée – au sujet du livre Le grand temple de Mexico, du mythe à la réalité : l’histoire des Aztèques entre 1325 et 1521, écrit par Daniel Lévine, Professeur à l’Université de Paris Sorbonne, titulaire de la chaire d’archéologie des civilisations de l’Amérique préhispanique (1998), conseiller scientifique pour l’archéologie et les Instituts Français de Recherche à l’Etranger au ministère de la recherche (Direction de la Recherche SHS) depuis 2003, in Revue belge de philologie et d’histoire, Paris, éditions Artcom’ 1997.                                Dans cette chronique Sabine Mund explicite le propos du professeur Lévine de mettre en évidence la volonté des Aztèques  » d’enraciner leur histoire dans un passé  » préexistant.
  • L’article numérisé par Persée Le Serpent à plumes, des Olmèques à Teotihuacán, co écrit par Jean-Claude Delhalle, membre du personnel technique de l’Université, auteur de nombreux ouvrages sur l’archéologie et l’histoire de l’art de la Méso-Amérique et Albert Luykx , membre de l’université de Liège in: Revue de l’histoire des religions, tome 199 n°2, 1982. pp. 123-124.                                         Les auteurs, en montrant la continuité de la pensée religieuse des Olmèques à Teotihuacan rappellent que le serpent à plumes est appelé Quetzalcoatl par les Aztèques, illustrant ainsi le processus d’assimilation des anciennes traditions par les Mexicas.
  •  Le rapport en anglais The emperors’ cloak: aztec pomp, toltec circumstances de Patricia Rieff Anawalt, anthropologue, membre de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation, publié en format Pdf sur le site de Antonio de la Cova, professeur – assistant d’études sur le monde latino – américain, réunissant des ressources destinées aux chercheurs universitaires.
    Ce document offre un exemple concret de légitimation du pouvoir aztèque présenté comme l’héritier des traditions de l’âge d’or mexicain par la reprise des motifs des regalias toltèques pour la confection des manteaux des tlatoani.
  • Le texte en langue espagnole En torno a la noción de lo sagrado en la cosmovisión mesoamericana écrit par Felix Báez-Jorge, professeur en anthropologie sociale à l’université de Veracruz, docteur en ethno histoire et histoire contemporaine à l’université de País Vasco (Bilbao) et publié en juillet 2008 dans les Cuadernos de Trabajo de l’Instituto de Investigaciones Histórico-Sociales de l’université de Veracrux, n°31, disponible sur le site de l’Universidad Veracruzana en format Pdf.                                                                                                                               Ce document propose une réflexion appliquée au contexte mésoaméricain sur les mécanismes qui permettent à une société de s’auto définir et les enjeux politiques qui façonnent la mise en place de tout système religieux.

A propos de la guerre fleurie :

  • le texte la vie quotidienne des Aztèques à la veille de la conquête espagnole de Jacques Soustelle, ethnologue français, membre de l’Académie française, Hachette, p.123, cité dans Ecrits d’ailleurs, Georges Bataille et les ethnologues par Dominique Lecoq,chercheur au CNAM et Jean-Luc Lory, ethnologue au CNRS, directeur adjoint de la fondation  »Maison des sciences de l’Homme  », publié par le Centre coopératif de recherche et de diffusion en anthropologie (Fondation Maison des sciences de l’homme) ,  partiellement numérisé sur Google books.                                                                                                                           P. 48 Soustelle décrit les contraintes politico sociales de la xochiyaoyotl
  • L’article en espagnol  La historia según Chimalpahin de Rubén Romero Galván José, docteur en Ethnologie, Ecole des Hautes Etudes Sociales de París in : Journal de la Société des Américanistes. Tome 84-2, 1998. pp. 185-186, numérisé par Persée.                                                                                                                 L’auteur y présente la mise en place de la xochiyaoyotl sous les contraintes du système de croyances aztèques.

A L’ORIGINE ETAIT … LA PLUME

La plume est une composante fondatrice de l’épopée aztèque, elle en est le principe fécondant : sa portée sémiologique apparaît dès les origines de ce peuple venu d’Aztlàn, lieu mythique à la localisation perdue.

  • A la page 21 du 3ème chapitre du manuscrit Histoire des Indes de Nouvelle Espagne et des Îles de la Terre Ferme –  appelé aussi Codex Duràn – rédigé par  Diego Duràn  ( Espagne vers 1537 — 1588)  missionnaire dominicain et historien espagnol ayant vécu en Nouvelle Espagne, traduit de l’espagnol, annoté et présenté par Doris Heyden, spécialiste de la Méso-Amérique, en particulier des civilisation du Mexique central, co – fondatrice du cercle Mexican Renaissance; vol.210 de la coll. : The civilization of the  American Indian series  , publié par University of the Oklahoma Press, numérisé intégralement par Google Books.                                      Duràn, éminent nahualiste, traduit le mot Aztlàn par  » lieu des hérons  » dans le sens de  » lieu de la blancheur  » en référence à la couleur des plumes de cet oiseau.
  • L’extrait de L’origine des Aztèques, p.78 et p. 79 , de Christian Duverger mésoaméricaniste français, directeur du Centre de Recherche sur l’Amérique préhispanique (CRAP) et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, où il détient la chaire d’anthropologie sociale et culturelle de la Méso-Amérique, Éditions du Seuil, 1983, partiellement publié par Google Books.       L’auteur rappelle que l’étymologie du mot viendrait vraisemblablement de azatatl ( aigrette ), qui aurait donné l’adjectif aztac, soit  » de la couleur ( blanche ) des plumes de l’aigrette « .

Selon ces deux auteurs la pureté symbolique du lieu est ainsi évoquée par la qualité des plumes elles – mêmes.

Aigrette neigeuse du Mexique ( Egretta thula )

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