La plume dans la conquête du Mexique

Mémoire de Don Fernando d'Alva Ixtlilxochitl

Cruautés horribles des conquérants du Mexique, et des Indiens qui les aidèrent à soumettre cet empire à la couronne d’Espagne est un mémoire de Don Fernando d’Alva Ixtlilxochitl, historien mexicain du XVIe siècle qui pour rédiger son ouvrage s’est basé sur des renseignements provenant d’informateurs locaux ainsi que de codex indigènes. Il y rend compte de la conquête espagnole du Mexique au XVIe siècle.

Dans la note au bas de la page 1, l’auteur décrit le rôle des marchands et le rang qu’ils occupent au sein de la société.

p 105-108, lors de la description du pillage qui a lieu après le siège de Mexico, l’auteur raconte que si les Espagnols s’emparent au plus vite d’or et d’argent, ce sont des plumes et des pierres qu’emportent les indiens. Ce fait est intéressant car il souligne la différence culturelle de la notion de valeur chez ces deux peuples s’affrontant.

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Les parures

Le bijou est également un élément essentiel pour distinguer la classe sociale des habitants des différentes cités. Symbole de richesse, seuls les personnages importants peuvent se parer de pierres, de bracelets, mais aussi de plumes. En effet, celles-ci étant considérées comme un matériau précieux et sacré, elles étaient couramment utilisées pour la confection de bijoux divers.

C’est ce qu’expose la rubrique Jewelry du site Aztec-history.com, réalisé par Jaime Cotrill, étudiant à l’Internacional Universidad de Curenavaca au Mexique.

La formation militaire

Guerrier jaguar pendant le sarificio gladiatorio de la fête de Tlacaxipehualiztli - Codex Magliabecchiano

L’expansionnisme militaire aztèque avait deux objectifs principaux:  la soumission des cités ennemies en vue d’en obtenir tribut (comme on peut le voir dans le Codex Mendoza où la liste de ces tributs est méticuleusement reprise), et la prise d’esclaves pour les sacrifices rituels et le travail forcé.

Tenochtitlán, la grande ville des Aztèques, fut d’ailleurs une création de la guerre, et la guerre était sa dynamique: c’est ce que démontre Inga Clendinnen, chercheur émérite en Histoire à l’université La Trobe de Melbourne, dans The Cost of Courage in Aztec Society de 2010.

Son ouvrage débute par une présentation de la séquence d’expériences à travers laquelle les jeunes guerriers aztèques prenaient conscience de leur devoir, envers leur peuple, leur cité et leurs dieux.

L’art de la guerre

Armes et équipement du guerrier aztèque

  • Organisée thématiquement Handbook to Life in the Aztec World du mésoaméricaniste mexicain Manuel Aguilar Moreno couvre tous les aspects de la vie dans le monde aztèque: l’archéologie, l’évolution de la civilisation,  la géographie, la société et le gouvernement, la religion, la cosmologie et la mythologie, les croyances et les coutumes funéraires, l’art, l’architecture aztèque, la littérature nahuatl, le calendrier, l’astronomie et les mathématiques, l’économie, l’industrie et le commerce, la vie quotidienne,  les Aztèques après la conquête et aujourd’hui.

Chaque chapitre comprend une bibliographie complète, et plus de 165 dessins aux traits  originaux, des photographies et des cartes qui complètent le texte.

Dans le chapitre 5 (p.97 à 120) l’auteur décrit notamment en détails le monde  militaire, qu’il s’agisse des insignes, des peintures corporelles, des armes, ou des uniformes selon les rangs des guerriers, où la plume encore est un symbole honorifique.

Plaque de Grand Officier de l'Ordre de l'Aigle Aztèque

  • Le site érudit.org a mis en ligne un article de Mario Rubio, Le Mexique honore René Derouin, ( artiste québecois ) paru en 2006 dans le n°123 du magazine Lettres quebécoises: la revue d’actualité littéraire. Celui-ci rapporte la remise de l’ordre de l’Aigle Aztèque à l’artiste québécois René Derouin par le gouvernement mexicain.

Fondé le 29 décembre 1943 par le président Manuel Avila Camacho, il constitue la plus haute distinction attribuée aux étrangers ayant rendus service au Mexique.

Aujourd’hui encore, l’aigle semble donc toujours lié à une certaine distinction, voir élévation sociale.

Les attributs royaux

La société de vente aux enchères Gaïa a mis en ligne son catalogue de 2010 présentant une collection d’oeuvres d’art précolombien. Il est intéressant de lire p.36 la description d’un marqueur médian de terrain de jeu de balle en pierre, et de voir que le monarque a été identifié par des attributs précis. Le vêtement semble donc essentiel et efficace pour différencier les statuts des personnages.

Marqueur médian de terrain de grand terrain de jeu de balle

Les guerriers aztèques

  • Jean-Marie et Antoine Astier, avec la contribution de Fleurine Pelissier pour la rédaction des articles et de Jérôme Faissat pour les animations,  sont deux frères qui passionnés par le Mexique, lui ont dédié le site Mexique-fr.com rendant compte de toutes leurs connaissances et expériences du pays.

Abordant tant la dimension touristique, en fournissant des informations pratiques pour le voyage, qu’archéologique, culinaire, culturel, ou historique, ils présentent de façon large mais intéressante le passé comme le présent du pays.

Notamment dans la rubrique Archéo l’article des Guerriers aztèques présente l’aspect général, l’apprentissage, et la vie des guerriers aztèques, mais aussi leur mort (paragraphe Sacrifice).

Codex Mendoza: Représentation de guerriers capturant des prisonniers

  • Le site de l‘UANL (Universidad Autonoma de Nuevo Leon) propose une collection numérique composée de documents publiés du XVIe au XIXe siècle en espagnol, italien, français, et latin, ainsi que des thèses de doctorat.

Ils appartiennent aux bibliothèques des université Raul Rangel Frias, Capilla Alfonsina, Jose Juan Vallejo, et du Centre régional d’information et de documentation de la santé.

Le but de cette collection est de diffuser des textes intégraux par accès électronique tout en contribuant à leur conservation, inspiré par le Programme mondial de l’UNESCO qui vise à assurer la préservation du patrimoine documentaire national et régional.

La collection numérisée du UANL comprend actuellement 13 408 titres et 18 494 volumes.

C’est ainsi que nous pouvons accéder à l’ouvrage Excursion d’un touriste au Mexique pendant l’année 1854, de Just Girard et Just-Jean-Etienne Roy, publié en 1859.
Ils y font une courte esquisse des institutions civiles et militaires de la civilisation aztèque, bien qu’imparfaites à cause d’un grand manque de ressources. (p. 108-115)
Le code aztèque y est brièvement présenté, rendant principalement compte de sa sévérité, et la composition et le statut l’armée.
On découvre alors une plume victorieuse, portée en manteau par-dessus une côte de lames de métal pour les guerriers els plus riches, ou présente sur l’étendard aztèque affichant un aigle aux ailes déployées.

Les costumes

  • L’encyclopédie du costume de Max Tilke, Maurice Cottaz, Wolfgang Bruhn paru en 1990 dans les Nouvelles Editions Latines, propose une description des costumes des peuples de l’Antiquité à nos jours (1990) et des costumes nationaux et régionaux du monde.

Elle aborde ainsi la question du vêtement des civilisations précolombiennes, dont  celle aztèque,qu’il s’agisse du vêtement du chef, du prêtre, du paysan, mais aussi du guerrier.

Image tirée de l’ouvrage Aztecs : an interpretation , de Inga Clendinnen, professeur émérite d’ Histoire à La Trobe University, Melbourne, publié par Cambridge University Press, 1995, partiellement digitalisé par Google Books.

  • La question du costume comme élément de distinction sociale apparaît également dans la rubrique Clothing du site Aztec-history.com, réalisé par Jaime Cotrill, étudiant à l’Internacional Universidad de Curenavaca au Mexique.
  • Dans son article Lire l’image aztèque, l’anthropologue Joaquin Galarza a entrepris de déchiffrer l’écriture aztèque. Il y consacre une partie intitulée Le « portrait » aztèque (p.19) dans laquelle il décrit les représentations graphiques des différents personnages humains et divins, et on observe que la plume est une fois de plus un élément essentiel d’honneur et de distinction.

La plume à Teotihuacan

Teotihuacan

La cité de Teotihuacan, qui en nahuatl signifie « Le lieu où naissent les Dieux », était une importante cité de la vallée de Mexico, contenant certaines des plus grandes pyramides méso-américaines jamais construites en Amérique précolombienne.
Sans doute été construite aux environs de 200 av. J-C, et habitée jusqu’à sa chute entre les VIe et VIIe siècles, elle connu son apogée dans la première moitié du Ier millénaire, à l’Époque classique, et était alors la plus grande ville de toute l’Amérique précolombienne. À ce moment, elle pourrait avoir compté plus de 200 000 habitants, ce qui la plaçait à l’époque parmi les plus grandes villes du monde.
Son influence en Mésoamérique est bien documentée ; la preuve de l’existence de la civilisation de Teotihuacan, au moins par sa puissance politique et économique, peut être constatée dans de nombreux sites de l’État de Veracruz et de la région maya.

Le dossier de l’exposition Teotihuacan, Cité des Dieux, organisé du 06/10/09 au 24/01/2010 par le Musée du Quai Branly et dirigé par Stéphane Martin, est un document destiné aux enseignants qui aborde tous les aspects de la vie de cette prestigieuse civilisation. Le rôle de la plume y est évoqué dans plusieurs domaines tels que politique et commercial (p.9), élément de distinction du statut religieux (p.10), ou expression artistique du sacré (p.16)

Les classes sociales

Paysan et artisan aztèques

À l’origine, c’est-à-dire avant la sédentarisation, la structure tribale des Aztèques était égalitaire et fondée sur l’existence de clans. En revanche, au moment de la conquête espagnole, la société était fortement hiérarchisée, même si une certaine mobilité sociale existait encore.

Comme dans les autres civilisations mésoaméricaines, l’organisation socio-politique aztèque était structurée principalement sur trois niveaux : la famille, le calpulli et l’altepetl.

  • C’est cette hiérarchisation que Christina Jacqueline Johns propose dans son ouvrage de 1995 The Origins of Violence in Mexican Society (chap.3, p.31), une enquête socio-économique des modes de travail, de  la production alimentaire, du commerce, de la richesse, de la population, et de l’environnement pour fournir un cadre explicatif à la violence d’une société que les occidentaux considérèrent comme complètement insensée et aléatoire.
  • L’organisation sociétale aztèque est également présentée par le sociologue Rodolfo Stavenhagen au sein de son étude des Classes sociales dans les sociétés agraires (chap.3, p.35) de 1969.
  • L’Empire aztèque est un site réalisé par A. Laurent, N. Noirot, et M. Levray dans le cadre d’un TPE de baccalauréat, destiné à traîter la question de la rapidité de la disparition de cette civilisation pourtant si puissante.Dans le troisième sous-partie du premier chapitre ils se consacrent à la question économique du peuple aztèque, et distinguent également les différents statuts sociaux.
  • Le livre  Aztecs : an interpretation , de Inga Clendinnen,  professeur émérite d’ Histoire à La Trobe University de Melbourne, propose une reconstitution de la vie dans la cité de Tenochtitlan lors de ses dernières années sans menaces. L’auteur étudie donc le fonctionnement social et offre dans son second chapitre une description précise et vivante du rôle de chacun au sein de la communauté.
  • Réalisé par Jaime Cotrill, étudiant à l’Internacional Universidad de Curenavaca au Mexique, le site d’Azte-history.com présente dans la rubrique Family life un aperçu de ce que pourrait avoir été le fonctionnement d’une famille aztèque, qu’il s’agisse du rapport conjugal, des conditions de mariage, de l’éducation des enfants, ou même de la place des plus anciens.                                                                               On constate alors que l’organisation familiale était très précise et ne dérogeait pas aux règles de vie en communauté.