Sacrifices

Les rites mexicas comportaient notoirement des sacrifices de sang, la nourriture des dieux, oeuvre nécessaire à assurer la résurgence quotidienne du Soleil.

  •  A ce sujet on pourra utilement se référer au compte – rendu de Claude-François Baudez, Archéologue, directeur de recherche honoraire au CNRS, publié dans le Journal de la société des américanistes , 91-1 | 2005, mis en ligne le 29 septembre 2006 par le site Revues.org ;
  • Ainsi qu’au compte – rendu de Guilhem Olivier, Docteur en Études Latino-Américaines, Université de Toulouse Le Mirail,  publié dans L’Homme, 180 | octobre-décembre 2006, mis en ligne le 25 octobre 2006 par le site Revues.org;

tous deux concernant le livre Le sacrifice humain chez les Aztèques de Michel Graulich de l’académie royale de Belgique, publié chez Fayard, 2005.                                                 Ces notes de lecture complémentaires reprennent les principaux thèmes abordés par Graulich et les hypothèses formulées par celui – ci, en les résumant point par point.

  • La page en anglais Human sacrifice in aztec culture  d’auteur inconnu, publié le 2 septembre 2010 sur le site Articlesbase, offre un résumé des origines de ces rites, des dieux principaux qui en bénéficient, des guerres fleuries qui les alimentent.
  • Le livre de Mythes et rituels du Mexique ancien préhispanique par Michel Graulich , 1987 , 463 pages, numérisé partiellement par Google Books.                                      A la page 191, Michel Graulich cite les Anales de Cuauhtitlan l’une des trois parties composant le Codex Chimalpopoca , document indigène colonial qui figure officiellement dans la Colección Antigua de l’Archivo Histórico de l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire à Mexico sous le numéro 159 ( dont la digitalisation est en projet par la Wired Humanities Projects de l’université de l’Oregon, ISA).                                                                                                                             En se basant sur les informations du Codex , l’auteur cite dans cet extrait les trois divinités  » [ …] Tezcatlipoca, Ihuimecatl,  »Corde – Plume  » ( c’est à dire corde sacrificielle ) et Toltecatl ( qui, selon la tradition aztèque ) voulaient des sacrifices humains  » contrairement à Quetzalcoatl, auquel ils tendent un piège .
  • L’article en anglais The multiple Identities of Aztecs craft Specialists de Elisabeth M. Brumfiel, professeur d’archéologie aztèque, présidente de l’ American Anthropological Association (AAA), publié dans Archeological Papers of the American Anthropological Association, numéro special : Craft and Social Identity, volume 8, 1er numéro,pages 145–152, Janvier1998 – mis en ligne le  28 juin 2008 sur le site Wiley online library.                                                                                        A la page 148 ( page 4 du document en format Pdf ) l’auteur indique que les artisans spécialisés dans le travail des plumes, imitaient les castes nobiliaires – voire, selon le frère Bernardino de Sahagún, [ (1500 – 1590 ), missionnaire  franciscain dans la Historia general de la cosas de nueva España, pp.235 à 237, tome 1, livre 3 chapitre 1, texte en espagnol présenté et annoté par Carlos Maria de Bustamante (1774 – 1848 )  –  juriste, indépendantiste, historien et politicien mexicain –  1829, éditions de Alejandro Valdes, Mexico, vol. 1, numérisé intégralement par Google Books ] atteignaient le niveau de prestige de ceux – ci –  en offrant des sacrifices humains à Coyotl Inaual, la divinité tutélaire de leur corporation, en achetant des esclaves sur les marchés.

Scène de sacrifice
Codex Magliabechiano

  • La Conférence de M. Michel Graulich  et sa suite in: École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 106, 1997-1998. 1997. pp. 33-44, numérisée par Persée.                                                                               P.38 l’auteur décrit le cadre formel du sacrifice ainsi que les relations particulières liant le sacrifiant au sacrifié – ce dernier étant adopté pendant tout le temps précédant son immolation par le premier, qui ne pouvait manger sa chair, sa  »propre chair  ».
  • L’extrait du livre Tlaloc et Huitzilopochtli, dieux du panthéon aztèque, mémoire de maitrise de Sophie François ; sous la dir. de Adelaïde de Chatellus maitre de conférence à Paris IV – Sorbonne, département de Littérature contemporaine en langue espagnole et théorie du texte, éditions Lulu.com, extraits numérisés par Google Books.                                                                                                               A la page 39, l’auteur indique que le duvet d’aigle qu’on appelle tlapotōnīlli ( définition disponible d’après le frère Bernardino de Sahagún, (1500 – 1590 ), missionnaire  franciscain dans la Historia general de la cosas de nueva España, dans le dictionnaire en ligne de langue nahuatl  sur le site créé par Alexis Wimmer ) est  » un symbole guerrier et sacrificiel  » que l’on accrochait aux cheveux des sacrifiés.


La figure à 4 rebords '' 4 mouvement '' ( à droite ) symbolise le 5ème Soleil destiné un jour à sa propre destruction .
Les plumes des ailes et de la queue de l'esprit guerrier sortant du soleil ( partie du bas ) sont remplies de couteaux sacrificiels.
La figure ailée de plumes d'aigles et quetzalli ( à gauche ) représente un guerrier - aigle montant au ciel.
Cloche huehuetl, bois, 96cm, Malinalco, Musée national d'archéologie du Mexique.

  • Le livre en anglais Time and sacrifices in the aztec cosmos de Kay Almere Read, professeur associé du département des religions comparées à l’ Université DePaul, éditions Indiana University Press, 1998, partiellement numérisé par Google Books.                                                                                                                             A la note 110 de la page 256 se rapportant à la page 75 du texte,  l’auteur rappelle que les victimes offertes en sacrifice à Huitzilopochtli étaient parfois bleuies , badigeonnées de colle et recouvertes de plumes afin de réactualiser la naissance de Huitzilopochtli.
  • L’article de Michel Graulich Les mises à mort doubles dans les rites sacrificiels des anciens Mexicains in: Journal de la Société des Américanistes. Tome 68, 1982. pp. 49-58, numérisé par Persée.                                                                                 L’auteur revient p.50 sur les attributs des sacrifiés incarnant les 400 mimixcoa exterminés par quatre personnages envoyés par le Soleil, soit entre autres :              –  les boules de duvet sur la tête ( ihuitl ) ;                                                                      – l’ornement occipital d’e plumes d’aigle ou de héron ( aztaxelli ou cuauhpilolli ).  Cependant que Graulich considère que  :  » les ornements les plus caractéristiques étaient la craie et le duvet ( tizatl, ihuitl ), qui à eux seuls suffisent déjà pour marquer un guerrier voué à l’immolation  ».


Brasier en céramique figurant un guerrier déifié
Aztec (circa AD 1500)
Mexico City, Mexico
Museo Nacional del Virreinato, 10-133646

  • L’ouvrage  en italien –  L’occupazione del paesaggio. Aztechi ed europei nella valle del Messico ( titre original : Eating landscape : aztec and european occupation of Tlatocan ), de Philip P. Arnold, professeur associé en  sciences de la religion à la Syracuse University, spécialisé dans les traditions amérindiennes, publié chez Jaka Books, 1999, numérisé partiellement par Google Books.                                             A partir des informations contenues dans le livre IX de Sahagun, pages 110 – 111 l’auteur décrit  l’immolation des enfants au dieu de la pluie Tlaloc , leurs parures frontales de plumes de quetzal  –  symbole de richesse et d’abondance apportée par des pluies bienfaitrices, évocatrices des feuilles de maïs par leur forme, mais également appréciées à cause de leur couleur vert sombre, que l’on croyait attirer l’humidité –  et leur transports sur des lits faits des plumes les plus précieuses des quetzal, celles de la queue. Il s’ensuivait des libations et d’autres offrandes de plumes déposées sur l’autel de Tlaloc par la noblesse aztèque.


Sacrifice d'enfants
Codex Telleriano - Remensis


Dépouille d'enfant
Fouilles du Templo Mayor

  • Le livre en italien, Il culto degli astri tra gli aztechi de Yólotl González Tórres, historienne mésoaméricaniste mexicaine spécialiste de la civilisation aztèque et d’anthropologie des religions, docteur en anthropologie et chercheur à la direction d’ethnologie et d’anthropologie sociale de l’INAH (Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique), publié par Mimesis Edizioni, 2004, partiellement numérisé par Google Books.                                                                                                       Pages  55 -56 l’auteur décrit les rites célébrant le culte du Soleil qui correspondait à la période calendaire comprise entre ce océlotl et nahui ollin . A cette occasion on choisissait un prisonnier incarnant le  »messager du soleil « , dont les cheveux étaient parés de plumes blanches, portant un bâton avec des lanières de cuir se terminant par des plumes d’aigle. Son ascension solitaire jusqu’au sommet du quauhxicalli figurait la course du soleil, auquel il devait s’adresser selon des formules établies. Suite à cela le « messager  » était sacrifié et consommé, son cœur offert au soleil. Selon Sahagùn, l’effigie du dieu était à cette occasion recouverte d’un plumage appelé quetzaltonaméyotl et des cailles lui étaient sacrifiées.

Les oblations de sang n’étaient pas nécessairement mortelles ni assumées par des captifs : les scarifications au moyen de grandes plumes d’oiseau étaient d’usage courant chez tous les Aztèques – peuple, prêtres, tlatoani, en remerciement ou en supplication.

  • L’article Quelques travaux récents sur l’Amérique moyenne, Journal de la Société des Américanistes, 1906, vol. 3, n° 2, pp. 341-344, présente le mémoire de Zelia Maria Magdalena Nuttal – spécialiste américaine des cultures mexicaines préaztèques et des manuscrits précolombiens et membre du Peabody Museum de Harvard et du Musée national d’anthropologie de Mexico – A penitential rite of the Ancient Mexicans , où sont mentionnées les pratiques oblatoires mexicas.
  • La page en anglais dédiée Death vs Autosacrifice   – Heather N. Blucher, étudiante, designer graphique à la Pacific Lutheran University –  sur le site de l’université. A partir des écrits de Felipe Solis ( , archéologue mexicain et conservateur du Musée d’Anthropologie de Mexico ) et d’autres sources,  l’auteur compare les deux pratiques du sacrifice.
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Mythes des origines

INTRODUCTION

Les Mexicas, peuple de nomades venus du nord, ont des origines incertaines. Derniers arrivés dans la plaine fertile de la vallée de Mexico au XIII siècle au terme d’une longue migration, ils s’imposent d’emblée par la force auprès des populations locales sédentarisées. La stratégie d’hégémonie aztèque s’appuie sur des fondements mythologiques empreintés à l’écheveau des traditions des grandes civilisations mésoaméricaines olmèques et toltèques éteintes à l’époque classique, dont ils se revendiquent les seuls héritiers. De ce fait, la religion mexica est affaire d’une légitimation identitaire complexe, puisqu’elle entremêle à la tradition de l’épopée mystique de ses propres origines un panthéon archaïque composé de divinités et d’attributs autochtones préexistants à sa genèse.

Elle est aussi affaire politique, car cet héritage désigne également les Aztèques en tant que  »peuple élu  », leur assignant la tâche écrasante de garantir la bonne marche de l’univers par la systématisation des rituels et des offrandes nourricières aux divinités, par la pratique des guerres fleuries et des sacrifices.

  • L’extrait de la p.47 du livre Histoire de la littérature Nahuatl: sources, identités, représentations, écrit par Amos Segala, directeur de Recherche Emérite au CNRS et directeur international du Programme « Séminaires internationaux Archivos », publié aux éditions Bulzoni editore, 1989 , partiellement disponible sur Google books.                                                                                                                           Selon l’auteur Huitzilopochtli, dieu tribal aztèque, serait la fusion symbolique des Mexicas avec le peuple toltèque sédentarisé.


Colibri ou Huitzilin

  •  La Chronique de Sabine Mund, directrice du département Art belge, moderne et contemporain chez Pierre Bergé & Associates, ancienne rédactrice en chef de la revue Arts Antiques Auctions, diplômée en histoire de l’art à l’Université Libre de Bruxelles, 2000, vol. 78, n° 2, pp. 644-645, numérisée par Persée – au sujet du livre Le grand temple de Mexico, du mythe à la réalité : l’histoire des Aztèques entre 1325 et 1521, écrit par Daniel Lévine, Professeur à l’Université de Paris Sorbonne, titulaire de la chaire d’archéologie des civilisations de l’Amérique préhispanique (1998), conseiller scientifique pour l’archéologie et les Instituts Français de Recherche à l’Etranger au ministère de la recherche (Direction de la Recherche SHS) depuis 2003, in Revue belge de philologie et d’histoire, Paris, éditions Artcom’ 1997.                                Dans cette chronique Sabine Mund explicite le propos du professeur Lévine de mettre en évidence la volonté des Aztèques  » d’enraciner leur histoire dans un passé  » préexistant.
  • L’article numérisé par Persée Le Serpent à plumes, des Olmèques à Teotihuacán, co écrit par Jean-Claude Delhalle, membre du personnel technique de l’Université, auteur de nombreux ouvrages sur l’archéologie et l’histoire de l’art de la Méso-Amérique et Albert Luykx , membre de l’université de Liège in: Revue de l’histoire des religions, tome 199 n°2, 1982. pp. 123-124.                                         Les auteurs, en montrant la continuité de la pensée religieuse des Olmèques à Teotihuacan rappellent que le serpent à plumes est appelé Quetzalcoatl par les Aztèques, illustrant ainsi le processus d’assimilation des anciennes traditions par les Mexicas.
  •  Le rapport en anglais The emperors’ cloak: aztec pomp, toltec circumstances de Patricia Rieff Anawalt, anthropologue, membre de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation, publié en format Pdf sur le site de Antonio de la Cova, professeur – assistant d’études sur le monde latino – américain, réunissant des ressources destinées aux chercheurs universitaires.
    Ce document offre un exemple concret de légitimation du pouvoir aztèque présenté comme l’héritier des traditions de l’âge d’or mexicain par la reprise des motifs des regalias toltèques pour la confection des manteaux des tlatoani.
  • Le texte en langue espagnole En torno a la noción de lo sagrado en la cosmovisión mesoamericana écrit par Felix Báez-Jorge, professeur en anthropologie sociale à l’université de Veracruz, docteur en ethno histoire et histoire contemporaine à l’université de País Vasco (Bilbao) et publié en juillet 2008 dans les Cuadernos de Trabajo de l’Instituto de Investigaciones Histórico-Sociales de l’université de Veracrux, n°31, disponible sur le site de l’Universidad Veracruzana en format Pdf.                                                                                                                               Ce document propose une réflexion appliquée au contexte mésoaméricain sur les mécanismes qui permettent à une société de s’auto définir et les enjeux politiques qui façonnent la mise en place de tout système religieux.

A propos de la guerre fleurie :

  • le texte la vie quotidienne des Aztèques à la veille de la conquête espagnole de Jacques Soustelle, ethnologue français, membre de l’Académie française, Hachette, p.123, cité dans Ecrits d’ailleurs, Georges Bataille et les ethnologues par Dominique Lecoq,chercheur au CNAM et Jean-Luc Lory, ethnologue au CNRS, directeur adjoint de la fondation  »Maison des sciences de l’Homme  », publié par le Centre coopératif de recherche et de diffusion en anthropologie (Fondation Maison des sciences de l’homme) ,  partiellement numérisé sur Google books.                                                                                                                           P. 48 Soustelle décrit les contraintes politico sociales de la xochiyaoyotl
  • L’article en espagnol  La historia según Chimalpahin de Rubén Romero Galván José, docteur en Ethnologie, Ecole des Hautes Etudes Sociales de París in : Journal de la Société des Américanistes. Tome 84-2, 1998. pp. 185-186, numérisé par Persée.                                                                                                                 L’auteur y présente la mise en place de la xochiyaoyotl sous les contraintes du système de croyances aztèques.

A L’ORIGINE ETAIT … LA PLUME

La plume est une composante fondatrice de l’épopée aztèque, elle en est le principe fécondant : sa portée sémiologique apparaît dès les origines de ce peuple venu d’Aztlàn, lieu mythique à la localisation perdue.

  • A la page 21 du 3ème chapitre du manuscrit Histoire des Indes de Nouvelle Espagne et des Îles de la Terre Ferme –  appelé aussi Codex Duràn – rédigé par  Diego Duràn  ( Espagne vers 1537 — 1588)  missionnaire dominicain et historien espagnol ayant vécu en Nouvelle Espagne, traduit de l’espagnol, annoté et présenté par Doris Heyden, spécialiste de la Méso-Amérique, en particulier des civilisation du Mexique central, co – fondatrice du cercle Mexican Renaissance; vol.210 de la coll. : The civilization of the  American Indian series  , publié par University of the Oklahoma Press, numérisé intégralement par Google Books.                                      Duràn, éminent nahualiste, traduit le mot Aztlàn par  » lieu des hérons  » dans le sens de  » lieu de la blancheur  » en référence à la couleur des plumes de cet oiseau.
  • L’extrait de L’origine des Aztèques, p.78 et p. 79 , de Christian Duverger mésoaméricaniste français, directeur du Centre de Recherche sur l’Amérique préhispanique (CRAP) et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, où il détient la chaire d’anthropologie sociale et culturelle de la Méso-Amérique, Éditions du Seuil, 1983, partiellement publié par Google Books.       L’auteur rappelle que l’étymologie du mot viendrait vraisemblablement de azatatl ( aigrette ), qui aurait donné l’adjectif aztac, soit  » de la couleur ( blanche ) des plumes de l’aigrette « .

Selon ces deux auteurs la pureté symbolique du lieu est ainsi évoquée par la qualité des plumes elles – mêmes.

Aigrette neigeuse du Mexique ( Egretta thula )