Héritage du quetzal

Quetzal resplendissant (Pharomachrus mocinno ) . Les plumes caudales étaient tout particulièrement prisées des Aztèques: partie constitutive des attributs des dieux et et des tlatoani, leur commerce alimentait un secteur économique prospère soutenu par des échanges et des tributs. Elles possédaient également une valeur monétaire.

 

Les plumes du quetzal étaient estimées dans les cultures plus anciennes de la  Mésoamérique telles que celle des Mayas de l’époque classique et la civilisation de Teotihuacan.

  • Le livre en anglais The Aztecs, de Michael Ernest Smith – professeur d’Anthropologie à la School of Human Evolution and Social Change ( ancien département Anthropologie) à la  Arizona State University – publié chez John Wiley & Sons, 2003, partiellement numérisé par Google Books.                                         Page 94 l’auteur revient sur cet héritage de l‘imago du quetzal, l’un des liens cruciaux au passé qui influenceront la société mixteca et la légitimeront territorialement et politiquement.

Quetzal resplendissant (Pharomachrus mocinno ) des forêts humides du Mexique

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La plume dans la conquête du Mexique

Mémoire de Don Fernando d'Alva Ixtlilxochitl

Cruautés horribles des conquérants du Mexique, et des Indiens qui les aidèrent à soumettre cet empire à la couronne d’Espagne est un mémoire de Don Fernando d’Alva Ixtlilxochitl, historien mexicain du XVIe siècle qui pour rédiger son ouvrage s’est basé sur des renseignements provenant d’informateurs locaux ainsi que de codex indigènes. Il y rend compte de la conquête espagnole du Mexique au XVIe siècle.

Dans la note au bas de la page 1, l’auteur décrit le rôle des marchands et le rang qu’ils occupent au sein de la société.

p 105-108, lors de la description du pillage qui a lieu après le siège de Mexico, l’auteur raconte que si les Espagnols s’emparent au plus vite d’or et d’argent, ce sont des plumes et des pierres qu’emportent les indiens. Ce fait est intéressant car il souligne la différence culturelle de la notion de valeur chez ces deux peuples s’affrontant.

MOSAÏQUE

MOSAÏQUE

  • Le site du British Museum propose quelques articles sur les objets présents dans leurs collections et sur les cultures qui y sont liées. On trouve entre autre un article sur les mosaïques turquoises du Mexique ancien. Associés à l’article, cinq objets sont visibles dont on peut lire la description. On apprend qu’une variété d’objets a été décorée de mosaïques, comme des masques, boucliers, bâtons, couteaux, disques, et des figurines de formes animales qui étaient souvent ornées de plumes. On apprend que beaucoup de ces objets, ainsi que des morceaux bruts de turquoise, ont été envoyés à Tenochtitlan, la capitale aztèque. Les Aztèques les utilisaient pour rendre hommage et orner les images des dieux, ainsi qu’en ornement pour les prêtres et la noblesse. L’article décrit la façon dont est utilisée la mosaïque et la composition de ses matériaux.

Bouclier en bois avec incrustations de mosaïques. Diamètre: 31.00 cm.
Parmi les nombreux boucliers de cérémonie énumérés dans les inventaires des expéditions envoyés vers l'Espagne par Hernán Cortés (1485-1547), 25 ont été décorés de mosaïque turquoise.
La mosaïque sur ce bouclier est travaillée en turquoise et obus de Strombus (conque), Spondylus (huître épineuse) et Pinctada (nacre). Des "boules" de résine de pin recouvertes de feuilles d'or sont également utilisées dans la conception qui met en scène les principales divisions de l'univers des Mexicas. Au centre se trouve un disque solaire, pris dans sa brillante carapace rouge Spondylus. Les quatre rayons émanant du disque solaire divisent la terre en quatre trimestres. Dans chaque trimestre est un personnage aux bras levés, un dieu dont le rôle était de soutenir le ciel. Le bouclier affiche également un dessin vertical sous la forme d'un serpent à la mâchoire dentée. L'arbre à coté représente un «axe du monde» reliant la sphère terrestre et les sphères célestes. Autour du bord du bouclier le bois n'est pas décoré, mais est transpercé par une série de trous assez régulièrement espacés. Ceux-ci peuvent avoir été utilisés pour attacher des plumes. Selon les descriptions du XVIe siècle, des plumes colorées ont été utilisées pour décorer les bords de boucliers de la mosaïque.

Détail du bouclier de cérémonie ci-dessus

Les attributs royaux

La société de vente aux enchères Gaïa a mis en ligne son catalogue de 2010 présentant une collection d’oeuvres d’art précolombien. Il est intéressant de lire p.36 la description d’un marqueur médian de terrain de jeu de balle en pierre, et de voir que le monarque a été identifié par des attributs précis. Le vêtement semble donc essentiel et efficace pour différencier les statuts des personnages.

Marqueur médian de terrain de grand terrain de jeu de balle

MASQUES

MASQUES

Les masques chez les Aztèques ont un lien avec leur religion, leurs croyances.

Masque de mosaïque de Tezcatlipoca. XVe-XVI siècle après J.C.
Cette mosaïque est censée représenter le dieu Tezcatlipoca, ou «Miroir Fumant», l'une des quatre divinités créatrices qui étaient parmi les dieux les plus importants dans le panthéon mexica.
La base de la mosaïque est un crâne humain. Le crâne est coupé à l'arrière et bordé de peau de cerf sur lequel la mâchoire mobile est articulée. Les longues lanières en peau de daim auraient permis au crâne d'être porté comme insigne sacerdotal. Les ornements de crâne comme celui-ci sont décrits dans le codex mixtèque Zouche Nuttal.
La décoration en mosaïque est travaillée dans des bandes alternées de bleu turquoise lumineux et lignite noir. Les yeux sont faits de deux orbes de pyrite de fer poli encadrés par des anneaux blancs.
British Museum

  • Roberta H. Markman (professeur de littérature comparée à la California State University, Long Beach) et Peter T. Markman (Professeur d’anglais à Fullerton Séminaire, en Californie) ont publié en 1989 l’ouvrage: « Masks of the spirit : image and metaphor in Mesoamerica » qui est accessible sur google books en anglais. Ils s’appuient sur des sources tirées de l’archéologie, l’histoire de l’art, du folklore, de l’ethnohistoire, de l’ethnographie et de la littérature. Les auteurs soutiennent que le masque est la métaphore centrale du concept de la réalité spirituelle en Méso- Amérique. Ils retracent la longue histoire de l’utilisation du masque rituel par les peuples qui ont créé et développé la tradition mythologique de la Méso-Amérique. L’œuvre est divisée en 3 chapitres: 1) de la métaphore du masque dans la Méso-Amérique précolombienne : le masque comme le Dieu, dans le rituel et en tant que métaphore; réflexions métaphoriques 2) de l’ordre cosmique, 3) la métaphore du masque après la conquête: le syncrétisme, les survivances pré-colombienne; les masques aujourd’hui. On trouve à la page 5 une description du dieu Huitzilopochtli qui a toujours été représenté dans les codex et décrit dans les chroniques par  » son masque  », sa peinture faciale caractéristique, des costumes et accoutrements.
    Ils citent Diego Durán (missionnaire dominicain et historien espagnol), pour décrire ce dieu: il porte une coiffe riche en forme de bec d’un oiseau. . . . Le bec qui a soutenu la coiffe du dieu était d’or brillant forgé à l’imitation du colibri. . . . Les plumes de la coiffe proviennent d’oiseaux verts. [L’idole] portait un manteau vert et en plus de ce manteau, autour du cou, un tablier recouvert de riches plumes vertes, parées d’or »

    Huitzilopochtli, image du Codex Borbonicus où l'on voit son "masque", sa peinture faciale. Il porte ses attributs : un bouclier, et une coiffe de plumes blanches sur son casques. Ces plumes sont apellées tlapotollini et sont un symbole guerrier et sacrificiel

Le masque a une portée philosophique chez les Aztèques, par rapport à l’organisation du monde, du cosmos. Il était très important pour cette médiation.

Masque en mosaîque aztèque XVe-XVIe siècle apres J.C. Hauteur: 17.30 cm
Largeur: 16,70 cm
Ce masque est censé représenter Quetzalcoatl («serpent à plumes») ou le dieu de la pluie Tlaloc. Les deux divinités sont associées à des serpents. Alors que les plumes qui figurent dans la conception de ce masque sont compatibles avec les éléments symboliques associés à l'image de Quetzalcoatl, les lunettes des yeux produit par "les serpents entrelacés" est un signifiant visuel souvent utilisé pour identifier le dieu de la pluie Tlaloc.
Le masque est sculpté à partir d'une seule pièce de Cedrela odorata bois et recouvert de mosaïque turquoise. Les dents sont faites de coquillage blanc. C'était peut être un cadeau de l'empereur Moctezuma II Mexica à l'espagnol Cortés capitaine Hernán (1485-1547).

  • Le livre L’esprit du jeu chez les Aztèques (1978) de Christian Duverger ( Directeur du Centre de Recherche sur l’Amérique préhispanique (CRAP) et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), où il détient la chaire d’anthropologie sociale et culturelle de la Méso-Amérique) est disponible en version numérisé sur Google Books. L’auteur évoque les masques de la pages 229 à 242. Cependant certaines pages ne font pas partie de la sélection consultable du livre, ce qui est assez dérangeant. A Teotihuacan, les Mexicas travaillaient la serpentine, la néphrite, le basalte, la jadéite, l’albite, et pouvaient utiliser des incrustations de nacre ou de pierres fines. Les yeux et la bouche étaient incisés en creux. Ces « masques» étaient mortuaires. Les Aztèques qui utilisaient principalement la crémation, connaissaient cependant le masque mortuaire. Avant de brûler le corps du défunt, ils l’enroulaient dans des draps et le ornaient de plumes et de papier. On déposait un masque de bois sur le visage. Les archéologues ont aussi retrouvé des masques de mosaïques. Il décrit ensuite la relations des masques avec les dieux. Le dieu du jeu porte un masque chez les Aztèques car il était également un  accessoire  à des fins ludiques, utilisé au cours de danses ou pour des représentations de forme théâtrale. L’auteur présente ensuite la mention des masques dans les codex.
  • Sur le site Aztec-history.com, on trouve des informations sur l’art aztèque en général, mais aussi sur les masques. Ce site a été réalisé par Jaime Cottrill (passionnée d’art aztèque, étudiante à l’Internacional Universidad à Cuernavaca, au Mexique. Les pages de son site proviennent de ses études, visites de sites archéologiques aztèques et de ses recherches personnelles). Dans le Mexique précolombien, les masques aztèques ont suivi une tradition héritée de nombreuses cultures. Un type courant de masque serait la représentation du dieu Quetzalcoatl. L’article évoque les matériaux utilisés  pour réaliser ces masques et leurs spécificités. L’article est enrichi de deux dessins.

Les guerriers aztèques

  • Jean-Marie et Antoine Astier, avec la contribution de Fleurine Pelissier pour la rédaction des articles et de Jérôme Faissat pour les animations,  sont deux frères qui passionnés par le Mexique, lui ont dédié le site Mexique-fr.com rendant compte de toutes leurs connaissances et expériences du pays.

Abordant tant la dimension touristique, en fournissant des informations pratiques pour le voyage, qu’archéologique, culinaire, culturel, ou historique, ils présentent de façon large mais intéressante le passé comme le présent du pays.

Notamment dans la rubrique Archéo l’article des Guerriers aztèques présente l’aspect général, l’apprentissage, et la vie des guerriers aztèques, mais aussi leur mort (paragraphe Sacrifice).

Codex Mendoza: Représentation de guerriers capturant des prisonniers

  • Le site de l‘UANL (Universidad Autonoma de Nuevo Leon) propose une collection numérique composée de documents publiés du XVIe au XIXe siècle en espagnol, italien, français, et latin, ainsi que des thèses de doctorat.

Ils appartiennent aux bibliothèques des université Raul Rangel Frias, Capilla Alfonsina, Jose Juan Vallejo, et du Centre régional d’information et de documentation de la santé.

Le but de cette collection est de diffuser des textes intégraux par accès électronique tout en contribuant à leur conservation, inspiré par le Programme mondial de l’UNESCO qui vise à assurer la préservation du patrimoine documentaire national et régional.

La collection numérisée du UANL comprend actuellement 13 408 titres et 18 494 volumes.

C’est ainsi que nous pouvons accéder à l’ouvrage Excursion d’un touriste au Mexique pendant l’année 1854, de Just Girard et Just-Jean-Etienne Roy, publié en 1859.
Ils y font une courte esquisse des institutions civiles et militaires de la civilisation aztèque, bien qu’imparfaites à cause d’un grand manque de ressources. (p. 108-115)
Le code aztèque y est brièvement présenté, rendant principalement compte de sa sévérité, et la composition et le statut l’armée.
On découvre alors une plume victorieuse, portée en manteau par-dessus une côte de lames de métal pour les guerriers els plus riches, ou présente sur l’étendard aztèque affichant un aigle aux ailes déployées.

Valeur phonétique pictographique de la plume

Deux exemples à propos de la valeur phonétique de la plume dans les inscriptions pictographiques nahuatl :

  • Le texte Le Tlacuilo et les deux conventions de Abraham Zemsz , sémiologue et historien de l’art. 2. . In: Communications, 29, 1978. Image(s) et culture(s). pp. 47-48, numérisé par Persée.                                                                               L’auteur donne ici un aperçu de la valeur de glyphe phonétique de la touffe de plume située au sommet du fût d’une lance dans la représentation iconographique traditionnelle du roi aztèque par le tlacuilo dans le Codex Mendoza.

  • Un autre article donnant un exemple de l’utilisation de la valeur phonétique de la plume dans la pictographie nahuatl : l’article Prénoms et noms de lieu exprimés par des glyphes et des attributs chrétiens dans les manuscrits pictographiques mexicains de Joaquín Galarza, anthropologue, directeur de recherche honoraire au CNRS, spécialiste des codex mésoaméricains, in Journal de la Société des Américanistes, tome 56-2, 1967. pp. 533-583, numérisé par Persée.                                                                                                                    Page 543, l’auteur décrit l’expression pictographique du prénom chrétien Christobàl par l’élément glyphique  xopaleuac, la plume riche et verte.

( Codex Mendoza )

P. 176 Wohrer analyse le pictogramme toponymique  » Yopico  » représenté par deux éléments maxtlatl ( gilet de sacrifice ), propre à Xipe en forme de queue de tlauhquecholli ( ajaia ajaja ) et une jarre ( comitl )  »


Homme portant le maxtlatl
Musée National d'Anthropologie de Mexico, Mexique

spatule rosée ( ajaia ajaja ) , le tlauhquecholli

 

Fondation

 

L’épopée légendaire du peuple mexica est le récit d’une migration mystique menée par la figure du dieu tribal Huitzilopochtli,

Huitzilopochtli codex Telleriano Remensis, page 5, BNF

 » le colibri venu de la gauche « , chef et guide spirituel de la nation qui reçoit plusieurs visions de la terre promise.

Il existe deux versions de l’apparition de Uitzilopochtli ( ou Huitzilopochtli ) toutes deux évoquant la venue au monde du dieu grâce à une boule de duvet fécondée tombée du ciel ( « pelotilla de pluma », Sahagún ) :

  • Celle recueillie par le frère Bernardino de Sahagún, (1500 – 1590 ), missionnaire  franciscain dans la Historia general de la cosas de nueva España, pp.235 à 237, tome 1, livre 3 chapitre 1, texte en espagnol présenté et annoté par Carlos Maria de Bustamante (1774 – 1848 )  –  juriste, indépendantiste, historien et politicien mexicain –  1829, éditions de Alejandro Valdes, Mexico, vol. 1, numérisé intégralement par Google Books.
  • celle décrite dans l’Historia de los Mexicanos por sus pinturas, auteur anonyme, vers 1530, chap. 11, traduit en anglais et publié par Henry Phillips Jr. ( 1838  – 1895 ) – archéologue et numismate, secrétaire général de la Numismatic and Antiquarian Society of Philadelphia et de l’ American Philosophical Society – après lecture de l’American Philosophical Society, octobre 1883, publié en totalité sur le site de la FAMSI par Alec Christensen.
  • L’extrait de la p.344 de L’origine des Aztèques, de Christian Duverger, seuil, 1983, numérisé sur Google Books.                                                                                           L’auteur met en évidence le fait que les oiseaux – leurs plumes précieuses –  sont une part constitutive de l’image de la terre promise dans la sémiologie nahuatl, en citant le texte de la Crónica mexicáyotl .
  • La page 30 de l’œuvre de la Crónica mexicáyotl, texte en nahuatl avec traduction en espagnol, écrit à la fin du XVI siècle par Fernando ou Hernando (de) Alvarado Tezozómoc (vers 1525-1530 – après 1609) , chroniqueur indigène mexicain, arrière-petit-fils de l’empereur aztèque Axayacatl par son père et le petit-fils de Moctezuma II par sa mère, publication de l’Universidad national autónoma de México, 1998  ( 3ème édition ), partiellement numérisé par Google Books.                                                                                                                        L’auteur y rapporte la harangue de Huitzilopochtli faite à son peuple pendant la migration, leur décrivant la terre promise comme le lieu où se trouvent toutes sortes de  » plumes précieuses […] xiuhtototl, […] tzinitzcan  » .

 

Trogon masqué ou Tzinitzcan ( trogon personatus )

 

  • Le récit Historia de las Indias de Nueva – España y islas de tierra firme de Diego Durán ( 1537 -1588 ), missionnaire dominicain et historien espagnol ayant vécu en Nouvelle Espagne au XVI siècle,  texte intégral en espagnol annoté et complété par José Ramirez, publié par les éditions J.M. Andrade y F. Escalante, 1867, en téléchargement sur Google Books.                                                                              Au chap.5, p.39, Durán décrit également le contenu de la vision de Tenochtitlan comme le lieu où se trouve de nombreuses plumas associées à d’autres objets précieux.
  • Le Codex Ramírez (également connu comme le codex Tovar) XVI siècle, époque post -coloniale intitulé originellement Relación del origen de los indios que hábitan esta Nueva España según sus Historias, décrit la deuxième vision de Huitzilopochtli – celle localisant la cité – de manière différente par rapport à la version vulgarisée de l’aigle posé sur un cactus tenant un serpent dans ses serres.                                   Les feuillets sont numérisés intégralement et mis à la disposition du public sur le site de la John Carter Brown Library, Brown University, à la page d’archives des images  de l’ancienne Amérique .                                                                           Selon Christian Duverger, dans L’origine des Aztèques,op. cit.  p.113, dont l’extrait est numérisé sur Google Books,  ce document parle d’un aigle qui  » se nourrit des plus délicats oiseaux  » au sommet d’un cactus entouré d’une  » […] quantité de plumes vertes, bleues, rouges, jaunes et blanches; ce sont les plumes des oiseaux précieux dont se nourrit cet aigle  » . L’aigle lui – même est décrit comme ayant un ramage  » de plumes précieuses et resplendissantes »où se trouve un tunal ( figuier de barbarie ) et tout autour «  […] une grande quantité de plumes vertes, bleues, rouges, jaunes et blanches des oiseaux précieux dont se nourrit ( un ) aigle […] ».
  • La même description se retrouve dans la Crónica mexicáyotl ( voir plus haut ), dont le passage est cité à la page 15 de l’ouvrage Aztecs : an interpretation , de Inga Clendinnen,  professeur émérite d’ Histoire à La Trobe University, Melbourne, publié par Cambridge University Press, 1995, partiellement digitalisé par Google Books.   Le texte dit :  » ( et ils virent que , NdT)  […] son nid […] était constitué de toutes sortes de plumes précieuses… ».
Codex Ramirez – planche 4a.
El Tunal con el Aguila que hallaron en la laguna
JCB Archive of Early American

Rites mortuaires et inframonde

La mort chez les Aztèques fait l’objet de rituels complexes et différents selon le statut social du mort . Il n’y a pas de tombes monumentales chez les Mexicas qui pratiquaient la crémation.


crémation d'un tlatoani au Cuauhxicalco devant le Templo Mayor
Codex de Florence, livre 12

 

  • Pour en savoir davantage, l’article en espagnol Escatologia y muerte en el mundo nahuatl precolombino, de  Patrick Johansson – docteur de Lettres à l’université de la Sorbonne, professeur de philosophie à la faculté de Philosophie et Lettres de la UNAM, chercheur à l’Instituto de Investigaciones Históricas de cette même université –  page 180 à  page 199 ( 149 à 167 du document ) in Estudio de cultura nahuatl, de l’Instituto de Investigaciones Históricas, 2000.                                          L’auteur analyse les notions de mort, de génération et dé-génération ( le cadavre, l’excrément, l’infertilité )  dans la pensée aztèque.


Scène de coprophagie sacrée exécutée par un prêtre ( carré du bas, à droite )
Codex Borgia, feuillet 10

  • Pour en savoir davantage, le livre en anglais  Handbook to Life in the aztec World, écrit par Manuel Aguilar-Moreno,  professeur associé d’Histoire de l’Art à la  California State University à Los Angeles, expert des civilisations précolombiennes et de l’histoire coloniale du Mexique, publié par Oxford University Press, 2007, partiellement numérisé par Google Books.                                                               Les pages 166 à 168 y sont dédiées à la description des cérémonies funéraires.
  • L’article  Atamalcualiztli ou à la recherche du tamoanchan perdu essai d’interprétation d’une fête religieuse des anciens mexicains , de Patrick Saurin, docteur en Histoire, in Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 119 | juillet – septembre 2002, mis en ligne intégralement par le site Revues.org le 05 septembre 2011.                                                                                                     Page 159 ( correspondant à la page 13 du document téléchargeable en forma Pdf ) l’auteur citant le récit de Duràn au sujet du Tamoachan – sorte de paradis évoqué dans l’hymne sacré de l’Atamalcuatzli –  évoque la descente du jeune prince Piltzintecuhtli dans l’inframonde où  » paré de ses plumes  » il s’étend pour accomplir l’acte de germination.


Le cadavre des sacrifiés demeurait 4 jours parmi les vivants , selon la tradition quetzalcoatlienne du cycle de tanatomorphisme et fécondation .
'' Tant l'excrément que le cadavre sont tanatogènes et par conséquent doivent être recyclés au niveau culturel '' P. Johansson , op. cit.
Codice Vaticano Rios, feuillet 11

  • Le livre en anglais Living with the dead : mortuary rituals in Mesoamerica de James L. Fitzsimmons, assistant – professeur en anthropologie au Middlebury College, publié par la University of Arizona Press en 2011, partiellement digitalisé par Google Books.                                                                                                                      Dans cet ouvrage dédié aux rituels funéraires, l’auteur cite page 215 le Codex Ixtlilxochitl – un codex colonial du XVIIe siècle attribué à Don Fernando de Alva Ixtlilxochitl, noble indigène, document numérisé par la Fondation FAMSI – qui décrit l’inhumation de Nezahualpilli, tlatoani de Texcoco dont le corps revêtu de plumes et d’autres accessoires fait l’objet d’une crémation.

Nezahualpilli, tlatoani de Texcoco, portant un maxtlatl à la taille (Codex Ixtlilxochitl)

  • Codex Telleriano-Remensis: Ritual, Divination, and History in a Pictorial Aztec Manuscript, livre en anglais de Eloise Quiñones Keber, professeur d’histoire de l’art au Baruch College et au CUNY Graduate Center, spécialiste en art précolombien, publié par la University of Texas Press,1995.                                                               P. 142 l’auteur commente les contenus iconographiques du feuillet 2R concernant la Veintena 10 Hueyhmiccailhuitl, la  » grande fête des morts  » dont le symbole composite assemble un paquet posé sur une plateforme, des feuilles de papiers funéraires blancs et une coiffe de plumes blanches,  ainsi que d’autres symboles.

PEINTURES MURALES

PEINTURES

On trouve dans l’empire Aztèque de nombreuses peintures murales plus ou moins bien conservées. La peinture murale constitue une source de données importante par rapport à la culture de Teotihuacan.

  • L’article de James Q. Jacobs (archéologue à la Arizona State University) en 2001 parle de la tradition artistique de Teotihuacan, des peintures murales polychrome et de l’importance des fouilles archéologiques.Cet article en anglais est disponible sur son site.
    Cet article se concentre sur les hypothèses et la validité de l’interprétation de l’art mural. Tout d’abord, il présente son étude et décrit brièvement l’art mural à Teotihuacan. Ensuite il examine les questions relatives à l’interprétation. Il évoque les questions de datations et les interprétations faites par les archéologues et historiens avant lui (notamment par rapport à questions entre l’analogie entre l’art de Teotihacan et l’art Aztèque, qui divise les chercheurs: par exemple George Kubler [Historien de l’art précolombien et ibéro-américain] a rejeté l’utilisation de l’analogie entre l’art mural aztèque et Teotihuacan contrairement à Laurette Séjourné [archéologue et ethnologue qui a travaillée sur la figure du Quetzalcoatl] qui y voit des liens). Enfin l’article discute d’un thème spécifique, celui de l’interprétation de la religion dans la peinture murale. Il y a une grande diversité et complexité de la nature des signes utilisés dans l’art mural : motif naturalistes, géométriques ou abstraits.Des fleurs, des coquillages et des plumes abondent dans ces peintures.
Tepantitla

Peinture murale du complexe de Tepantitla à Teotihuacan

  • Diana Magaloni Kerpel (Titulaire d’un doctorat en Histoire de l’Art de l’Université de Yale. Directrice du Musée national d’Anthropologie de Mexico. Professeur d’histoire de l’art à Instituto de Investigaciones Estéticas de l’UNAM, spécialisée dans les techniques picturales préhispaniques, est l’un des membres fondateurs du projet Pintura mural prehispánica en México de l’IIE) a rédigé l’article :  » « De vraies plumes et ou d’illusoires: Pigments, techniques de peinture, et l’utilisation de la couleur dans l’ancienne Méso-Amérique »(Article disponible en anglais sur le site revue.org). Elle s’intéresse ici particulièrement à la représentation de la plumes dans les peintures murales. Elle a travaillé sur les techniques utilisées, et a constaté un choix conscient dans la sélection de la matière première utilisée pour créer la couleur, ainsi que la quantité de pigments utilisés pour les différentes teintes. Elle fait une analyse qui mêle le domaine scientifique, le domaine technique et le domaine de l’histoire de l’art. Au début de l’article, elle replace l’art de la plume dans une tradition longuement enracinée dans la Méso – Amérique ( la plume est représentée en peinture depuis les Olmèques jusqu’aux Aztèques ). Puis elle réfléchit sur l’importance des qualités matérielles de la plume comme moyen artistique et esthétique pour créer des significations diverses dans les représentations. Elle termine l’article en évoquant les aspects matériels  de cette tradition en utilisant surtout les écrits et les images du livre 9 du Codex florentin. On apprend entre autre que Teotihuacan excelle dans la création de trois différentes teintes de vert qui sont utilisées pour représenter l’eau, le jade et les plumes (paragraphe 10). Représenter ces plumes au plus proche de l’effet matériel des vrais plumes était une sorte de défi technique pour créer de nouveaux pigments. De plus ces plumes et leurs couleurs créent un sens à la représentation.

    Peinture murale provenant du centre de la région de Tepantitla