La plume dans la conquête du Mexique

Mémoire de Don Fernando d'Alva Ixtlilxochitl

Cruautés horribles des conquérants du Mexique, et des Indiens qui les aidèrent à soumettre cet empire à la couronne d’Espagne est un mémoire de Don Fernando d’Alva Ixtlilxochitl, historien mexicain du XVIe siècle qui pour rédiger son ouvrage s’est basé sur des renseignements provenant d’informateurs locaux ainsi que de codex indigènes. Il y rend compte de la conquête espagnole du Mexique au XVIe siècle.

Dans la note au bas de la page 1, l’auteur décrit le rôle des marchands et le rang qu’ils occupent au sein de la société.

p 105-108, lors de la description du pillage qui a lieu après le siège de Mexico, l’auteur raconte que si les Espagnols s’emparent au plus vite d’or et d’argent, ce sont des plumes et des pierres qu’emportent les indiens. Ce fait est intéressant car il souligne la différence culturelle de la notion de valeur chez ces deux peuples s’affrontant.

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Les attributs royaux

La société de vente aux enchères Gaïa a mis en ligne son catalogue de 2010 présentant une collection d’oeuvres d’art précolombien. Il est intéressant de lire p.36 la description d’un marqueur médian de terrain de jeu de balle en pierre, et de voir que le monarque a été identifié par des attributs précis. Le vêtement semble donc essentiel et efficace pour différencier les statuts des personnages.

Marqueur médian de terrain de grand terrain de jeu de balle

Les costumes

  • L’encyclopédie du costume de Max Tilke, Maurice Cottaz, Wolfgang Bruhn paru en 1990 dans les Nouvelles Editions Latines, propose une description des costumes des peuples de l’Antiquité à nos jours (1990) et des costumes nationaux et régionaux du monde.

Elle aborde ainsi la question du vêtement des civilisations précolombiennes, dont  celle aztèque,qu’il s’agisse du vêtement du chef, du prêtre, du paysan, mais aussi du guerrier.

Image tirée de l’ouvrage Aztecs : an interpretation , de Inga Clendinnen, professeur émérite d’ Histoire à La Trobe University, Melbourne, publié par Cambridge University Press, 1995, partiellement digitalisé par Google Books.

  • La question du costume comme élément de distinction sociale apparaît également dans la rubrique Clothing du site Aztec-history.com, réalisé par Jaime Cotrill, étudiant à l’Internacional Universidad de Curenavaca au Mexique.
  • Dans son article Lire l’image aztèque, l’anthropologue Joaquin Galarza a entrepris de déchiffrer l’écriture aztèque. Il y consacre une partie intitulée Le « portrait » aztèque (p.19) dans laquelle il décrit les représentations graphiques des différents personnages humains et divins, et on observe que la plume est une fois de plus un élément essentiel d’honneur et de distinction.

ICONOGRAPHIE

ICONOGRAPHIE

Les Aztèques ont une sorte d’écriture, mais elle n’est pas comparable à celle des mayas. Elle est basée sur l’image, qui est alors une sorte de repère mémoriel et sert à la conservation de la tradition orale.

  • Joaquin Galarza, Anthropologue renommé et directeur de recherche honoraire au CNRS, spécialiste des codex mésoaméricains, a entrepris dans son article « Lire l’image aztèque » de déchiffre cette écriture toutes en « images ».  (cette article est consultable sur le site Persée. Revue en ligne: Communications, Année 1978, Volume 29, Numéro 1)Dans cet article, il décrit la représentation graphique aztèque. Dans la partie « Attributs du Pouvoir » p.23, il explique que les Aztèques montrent graphiquement leur appartenance à un groupe, une tribu ou une classe sociale; les différences sont inscrites dans le dessin de leur coiffure, vêtement, bijoux et attributs. Cet article est intéressant car il montre les symboles du pouvoir et la plume en fait partie.

Par exemple la lance, symbole de pouvoir et de dignité militaire, est ornée de la partie supérieure d’une grande plume et d’une boule de duvet. Ou encore, dans les portraits du roi mort, une grande devise en plume montre sa haute hiérarchie militaire.(planches visibles à la fin de l’article à partir de la p35).

Planche n°2, p 36 de l'article cité ci dessus.
Portrait du roi Moctehzoma portant l'insigne à plume. La lecture de tout les symboles de cette représentation signifie: "Motecuhzoma, le respecté, le vénéré chef des hommes, le grand dignitaire guerrier, le très noble seigneur, le grand chef des armes, le juge et roi".

  • Sur le site Aztec-history.com, on trouve des informations sur la culture aztèque en général, mais aussi sur le symbolisme des Aztèques. Ce site a été réalisé par Jaime Cottrill (passionnée d’art aztèque, étudiante à l’Internacional Universidad à Cuernavaca, au Mexique. Les pages de son site proviennent de ses études, visites de sites archéologiques aztèques et de ses recherches personnelles). Les peuples du centre du Mexique ont utilisés plusieurs méthodes différentes pour exprimer des idées par écrit. Une méthode a été riche en symboles – les idéogrammes. Idéogrammes (ou iconographie) sont des symboles utilisés pour exprimer des idées et que tous comprenaient. Ces symboles pouvaient prendre des formes de la nature (plumes, insectes…), animales ( jaguars, serpent, oiseaux…). Les formes humaines ont fini par être connues comme une caractéristique déterminante de la période postclassique tardive au centre du Mexique.