Les Dieux

La plume est un attribut qui apparait régulièrement dans l’iconographie et les textes dédiés aux dieux du panthéon aztèque. L’identification de l’espèce avicole à laquelle appartient le plumage représenté est d’ailleurs un élément formel de reconnaissance des divinités.

  • l’extrait du livre  Aztecs : an interpretation , de Inga Clendinnen,  professeur émérite d’ History à La Trobe University, Melbourne, publié par Cambridge University Press, 1995, digitalisé partiellement par Google Books. Pages 216 à 218, l’auteur – citant Sahagun entre autres – explicite la vision esthétique et l’admiration révérencielle de la plume chez les Aztèques, pour lesquels elles étaient  »The shadows of the sacred Ones  », l’ombre des divinités, leur émanation.

Le Tonanamatl, l’almanach divinatoire contenu dans le Codex Borbonicus conservé à la BNF et numérisé intégralement sur le site de la FAMSI, associe à chaque jour un dieu tutélaire :

  • L’article L’avifaune dans le Codex Borbonicus de Michel Gillone, ethno – ornithologue, président de l’association culturelle LUPUNA, in: Journal de la Société des Américanistes. Tome 64, 1977. pp. 29-42, numérisé par Persée.                      Cette étude reprend la figure de l’oiseau en tant que  »compagnon des dieux  » de chacune des treize série des jours de l’almanach et leur évolution dans le codex.

Les principaux dieux et leurs attributs de plumes :

  • Cette vidéo en anglais , Aztec Gods Documentary, durée 7mn27,  publiée le 1 mars 2011 par MiggelMolina Channel sur You Tube, est une introduction rapide et illustrée aux principaux dieux du panthéon mixeca et à leur relation avec la tradition de  régénérescence cyclique de l’univers : les 5 Soleils.

  • Dioses prehispánicos de México : mitos y deidades del panteón náhuatl , livre en espagnol de Adela Fernández, cinéaste écrivain mexicaine, publié par Panorama Editorial en 1992, partiellement numérisé par Google Books.                                    La naissance de Huitzilopochtli, surgissant du ventre de sa mère déjà armé et revêtu d’un manteau de plumes de colibri chatoyantes y est décrite.                           On peut y lire page 129 la description de Xochipilli, dieu du printemps et du renouveau, représenté portant un panache de plumes de quetzal et de guacamaya.
  • Costumes et attributs des divinités du Mexique selon le P. Sahagún , Eduard Seler, anthropologue, ethnologue, historien, linguiste, épigraphiste et académicien allemand,  in: Journal de la Société des Américanistes. Tome 5, 1908. pp. 163-220, numérisé par Persée.                                                                                             Dans cet article l »auteur examine les figures des 14 divinités principales aztèques en s’appuyant sur l’étude comparée du manuscrit de Sahagún et de plusieurs codex  ( Florentinus, Boturini, Telleriano Remensis ).                                                   Ainsi il apparait que Huitzilopochtli était représenté portant un ornement céphalique de plumes de perroquet totzli, jaunes et fines, ainsi qu’un disque d’oreille de plumes bleues, mais qu’il existe des variantes, comme le couvre chef de plumes moitié blanches, moitié rouges rapportées dans le manuscrit original aztèque de Sahagun.                                                                                                                      Le dieu partage avec Tezcatlipoca, Otontehcutli et Atlaua le port d’un bouclier iuiteteyo « pourvu de balles de plumes ».                                                                        Le dieu Paynal, messager de Huitzilopochtli, porte comme lui le uitzitzil – naualli, le manteau de plumes de colibri, un vêtement de plumes précieuses rouges de tlauhquechol porté sur une camisole, un quetzalapanecayotl.                                   Le dieu Tezcatlipoca arbore une parure de plumes à la tonalité jaune dominante, avec des éléments rougeâtre et vert.

Tezcatlipoca, portant les valeurs chromatiques jaune, vert et rouge, ici coiffé de quetzalli
Codex Borgia

  • Description des divinités d’après les textes en nahuatl et leur représentation dans les Códices, de Jacqueline Durand-Forest,  Docteur ès Lettres et directeur de recherche au CNRS, spécialiste des chroniqueurs indigènes et de l’artisanat aztèque, a enseigné la langue et la civilisation nahuatl à l’EHESS et à l’Université de Paris-VIII, in: Journal de la Société des Américanistes. Tome 64, 1977. pp. 9-17, numérisé par Persée.                                                                                          L’auteur mentionne les similitudes et les différences dans l’apparat de neuf dieux par l’étude comparée des textes en nahuatl des Codex Florentino et del Real Palacio par rapport à leurs illustrations d’une part, et de ceux – ci avec le contenu du corpus proto – Magliabechiano ( Ixtlilxochitl et Magliabechiano ) en un deuxième temps:         – Quetzalcoatl est ainsi paré du quetzalcoxolite, le fardeau de plumes de quetzal (codex de Florence ) et de quetzalcoxollamamalli, panache de plumes ;                     – Teteoinnan porte une ornementation de plumes d’aigle quavivihtzetzeliuhqui (codex de Florence ) ;                                                                                                                 – Tlaloc coiffe une couronne de plumes (de hérons ) aztatzontli ;                                  – Ciaucoatl porte une coiffure de plumes d’aigle quauhzontli;                                                                                                                      – Tezcatlipoca arbore un panache de 2 plumes piquées dans une boule de duvet.


Tlahuizcalpantecuhtli, l'un des aspects de Quetzalcoatl
Codex Borbonicus, f.10

Tlahuizcalpantecuhtli, illustration by Phil Mursell , détail des attributs

  • Codex Telleriano-Remensis: Ritual, Divination, and History in a Pictorial Aztec Manuscript, livre en anglais de Eloise Quiñones Keber, professeur d’histoire de l’art au Baruch College et au CUNY Graduate Center, spécialiste en art précolombien, publié par la University of Texas Press,1995.                                                                l’auteur décrit le contenu iconographique des feuillets du codex où sont rapportés les principales fêtes aztèques, chaque dieu y étant associé avec les parures qui lui sont propres : p. 141 Paynal et sa couronne de plumes ( feuillet 2R ); p. 144 Tlazolteotl ( feuillet 3R ); Tezcatlipoca ( feuillet 3V ); p.149  Xochiquetzal ( feuillet 6R ); p.165 Quetzalcoatl ( feuillet 8V ), etc…
  • Le grand temple de Mexico (E.) Guillemin-Tarayre, Ingénieur des Mines, membre de la mission de recherche minéralogique en 1864 au Mexique,  in: Journal de la Société des Américanistes. Tome 11-1, 1919. pp. 97-120, numérisé par Persée.                                                                                                                             P.101, l’auteur cite le manuscrit de José Acosta  ( 1539 – 1600 ) .                             Ce jésuite espagnol du XVIe siècle, missionnaire et naturaliste, décrit l’idole du dieu dans son oratoire au sommet du Templo Mayor.                                                         Le texte est accompagné d’une planche montrant les symboles de Huitzilopochtli sous la forme du colibri ( voir l’article dédié à l’architecture ).
  • La p.5 du livre en anglais Mask of the spirit : image and metaphor in Mesoamerica, de Peter T. Markman, département de littérature et Roberta H. Markman, département de littérature comparée à la Caliornia State University Long Beach, publié par la University California Press, 1989, dont des extraits ont été numérisés par Google Books.

    Cotinga

    Les auteurs mentionnent l’association des valeurs solaires et célestes à la figure de Huitzipochtli paré de pendentifs en plumes bleues de cotinga rapportée dans la Relación de Texcoco de 1582 par Juan Bautista Pomar, historien et chroniqueur métis.

  • La p.36 du livre mitos aztecas y mayas, en espagnol, de Karl Taube, mésoaméricaniste américain, archéologue, épigraphiste et anthropologue, depuis 2006 professeur d’anthropologie au College of Humanities, Arts, and Social Sciences de l’Université de Californie à Riverside, publié par les éditions Akal, 1996, partiellement numérisé par Google Books.                                                                                                        La déesse de la beauté et des plaisirs physiques Xochiquetzal  se distingue notamment, écrit l’auteur, par les deux panaches de plumes vertes de quetzal qu’elle porte à la façon de cornes.
  • Itzpapalotl , codex Borgia

    L’article en espagnol Las alas de la tierra : reflexiones sobre algunas representaciones de Itzapapayotl, « Mariposa de obsidiana », diosa del Mexico antiguo de Guilhem Olivier, Instituto de Investigaciones Historicas, UNAM, Mexico, EPHE Paris,  in : Le Mexique préhispanique et colonial : hommage à Jacqueline de Durand – Forest par Jacqueline de Durand-Forest, Patrick Lesbre, éditions L’Harmattan, 1994, ouvrage partiellement numérisé par Google Books.                                                                       Aux pages 97 – 98 l’auteur relève les particularités de la déesse Itzapapayotl décrites dans le Codex Borgia – dont le port d’une boule de plumes blanches sur le front.

  • L’article en espagnol Iconografía de una imagen de Iztac Mixcóatl, una imagen en el Códice Telleriano – Remensis de Carmen Aguilera, Biblioteca National de Antropología e Historia, in : Estudio de cultura otopame,  vol.5, éditions Universidad Nacional Autónoma de México, 2006.                                                                                                                         P.143 -145, l’auteur analyse la représentation pictographique du dieu, décrivant sa coiffure composée d’une calotte dont la partie inférieure est couverte de duvet, d’une frange de plumes courtes d’aigle ( associé à Mixcoatl ) de couleur marron et d’une frange de 6 plumes de quetzal. De la couronne du dieu pend le cuauhpilolli constitué de deux grandes plumes d’aigle, symbole solaire.
  • L’ouvrage  en italien –  L’occupazione del paesaggio. Aztechi ed europei nella valle del Messico ( titre original : Eating landscape : aztec and european occupation of Tlatocan ), de Philip P. Arnold, professeur associé en  sciences de la religion à la Syracuse University, spécialisé dans les traditions amérindiennes, publié chez Jaka Books, 1999, numérisé partiellement par Google Books.                                           P.74, l’auteur décrit l’iconographie familière du dieu Tlaloc, dont les ornements rituels associés aux tlaloque étaient des plumes de héron placés dans ses cheveux, représentant les nuages s’accumulant dans le ciel.                                                     P. 131 l’auteur associe les plumes du motmot, oiseau acquatique, au dieu Tlaloc.
  • Motmot

  • Le livre Tlaloc et Huitzilopochtli, dieux du panthéon aztèque, mémoire de maitrise de Sophie François ; sous la dir. de Adelaïde de Chatellus maitre de conférence à Paris IV – Sorbonne, département de Littérature contemporaine en langue espagnole
    Théorie du texte, éditions Lulu.com, extraits numérisés par Google Books.                Pages 23 à 25 l’auteur décrit le dieu Tlaloc et ses attributs, ou les plumes de héron, symbolisant les nuages, jouent une dynamique de contraste métaphorique avec le noir de son visage, symbole de tempête.

Tlaloc, codex Ichtlilxochitl

  • L’article Le Serpent à plumes, des Olmèques à Teotihuacán, de Jean-Claude Delhalle membre du personnel technique de l’Université, auteur de nombreux ouvrages sur l’archéologie et l’histoire de l’art de la Méso-Amérique et Albert Luykx , membre de l’université de Liège, in: Revue de l’histoire des religions, tome 199 n°2, 1982. pp. 123-130. Outre que l’association des plumes de quetzal à la figure tutélaire du dieu, les auteurs mettent en lumière, p.128, la fusion olmèque de deux symboles qui ont donné naissance à Quetzalcoatl, le serpent chthonien  »gratifié  » par la plume solaire  » d’aspirations cosmiques « .
  • L’ouvrage en anglais Codex Telleriano-Remensis: ritual, divination, and history in a pictorial aztec manuscript  par Eloise Quiñones Keber, professeur d’histoire de l’art au Baruch College et au CUNY Graduate Center, spécialiste en art précolombien, publié par la University of Texas Press,  1995.                                                                                                                             P.165, l’auteur détaille les attributs de Quetzacoatl tel qu’il est peint dans le codex.
  • Un extrait du livre déjà cité Aztecs : an interpretation , de Inga Clendinnen, p. 168, où l’auteur aborde un autre aspect sémantique lié à la plume: celui de référant sexuel par association avec des symboles guerriers masculins – tels le ramage du héron ou de l’aigle – portés par des déesses, et de l’articulation subtile de son message lors de sa juxtaposition avec les insignia féminines.


La déesse Tlazolteotl, déesse de la purification , portant des plumes d'aigle, symbole de virilité
Codex Borgia

  • L’article Hymne à Mexico Tenochtitlan de Patrick Saurin, docteur en Histoire,  in : Le Mexique préhispanique et colonial : hommage à Jacqueline de Durand – Forest par Jacqueline de Durand-Forest, Patrick Lesbre, éditions L’Harmattan, 1994, ouvrage partiellement numérisé par Google Books.                                                             L’auteur indique pages 332 et 334 que Huitzilopochtli est désigné comme le  » héron bleu  » mais que le dieu du feu Xiuhtecuhtli est également associé dans le Codex de Florence à un oiseau bleu, couleur turquoise ( le cotinga ? ).

La plume elle – même devient symbole du dieu – Soleil,  Tonacatecuhtli  » el señor de nuestro sustento  » :

  • Le livre en espagnol Dioses prehispánicos de México: mitos y deidades del panteón náhuatl  par Adela Fernández, ( voir plus haut ).                                                          P. 103 les plumes noires et blanches symbolisent les plumes d’aigle et par conséquent le Soleil lui – même .                                                                              P.82 l’auteur cite le Codex Borgia selon lequel la plume noire du corbeau et la plume rouge du guacamaya sont des symboles du soleil nocturne ou soleil mort.

Corneille de Sinaloa ( corvus sinaloae ), Mexique, depuis la galerie de jbpowell, flickr

Guacamaya

Publicités